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Ephéméride

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Publié par Fanny

Mai fleuri, an réjoui 

 

L'école maternelle

 

         Ma petite fille Manon va finir sa première année d'école maternelle. Que de changements en un siècle....

 

        Au début du 20e siècle, les enfants des classes populaires urbaines peuvent aller à l'école maternelle à partir de trois ans. Elle représente un progrès considérable par rapport aux garderies qui l'ont précédée et qu'on appelait salles d'asile. C'est un établissement de première éducation, avec une vraie institutrice, où par le jeu on cherche à éveiller l'intelligence, la curiosité, les sentiments des enfants.

 

 

1900-marie-andra--piquenard-augustine-et-marie-germaine.jpg 

 Quand ils y entrent à trois ans, ils sont tous en robe -garçon et filles- et sans culotte pour la plupart. En effet, comme il n'y a pas encore d'élastique, les sous-vêtements à cette époque tiennent par des boutons. Ce serait trop compliqué de déboutonner et de reboutonner tous ces enfants à chaque récréation. Et s'ils ne sont pas encore très "propres" ne pas leur mettre de linge évite d'avoir à le laver ! Puisque tous les enfants sont en robes et que leurs cheveux n'ont jamais été coupés, le seul moyen de reconnaître un garçon d'une fille est de le retourner tout simplement !

 

   André Marie et sa soeur coiffés et

        habillés de la même façon 

 

 COURTOIS Gaston Alexandre Année scolaire 1921-1922 à Ange

 Gaston Courtois 6e à gauche 2e rang vers 1920

         

L'école maternelle n'existe qu'en ville et n'y vont que les enfants de milieux populaires ce qui représente en 1900, le quart d'une classe d'âge. Toute mère qui ne travaille pas s'occupe elle-même de ses enfants. Dans les "classes supérieures" elle s'en décharge sur une "bonne d'enfants" ou une nurse quand ils sont petits, puis une institutrice à domicile qui est souvent de langue anglaise ou allemande pour leur apprendre précocément ces langues, sans compter les professeurs de musique (toujours), de dessin (parfois). Mais plus important encore est de leur inculquer une bonne éducation et les valeurs de leur milieu.

 1907 MEISSONNIER Fernande maternelle à Tours

         Ecole maternelle à Paris vers 1907, Fernande Meissonnier en haut 1ère à droite

 

 

Les photos d'époque montrent bien les différence sociales par le vêtement des MARIE-Andr--vers-1894.JPGenfants. MARIE-Germaine-vers-1896.jpgDans les milieux aisés, bébés et petites filles portent tous des robes blanches empesées, avec collerettes, volants et broderies anglaises. Cela demande un grand entretien et donc une importante domesticité. Dans la petite bourgeoisie, ces toilettes ne sont donc imitées que pour les grandes occasions et l'habitude est de faire porter un tablier aux enfants pour protéger leurs vêtements. La mode de l'époque pour les garçons,

  

                                                                                                                                                                     

 

 

 

1923-02.02 HD André et Roger 

La mode de l'époque pour les garçons, c'est le costume marin, mais plus simplement ils sont en flanelle. Tous, garçons et filles portent des bottines à lacets. Dans les milieux populaires, le vêtements des enfants sont le plu souvent retaillés dans ceux des parents, rapiécés et ravaudés, mais cachés par des tabliers. La déchirure d'un vêtement lors d'un jeu peut faire battre l'enfant, tant le vêtement reste un investissement. Le don "charitable" de vêtements usagés est ausi un moyen de s'en procurer. Dans les campagnes, l'usage de sabots demeure, quelquefois avec seulement de la paille dedans, sans chaussettes.  

                                                   

 

 

L'école primaire

 

Ecole.jpgA partir de 1833, l'Etat impose aux communes l'entretien d'une école primaire de garçons. Mais la plupart des écoles rurales sont dans un état pitoyable et les maîtres, qui pratiquent d'ailleurs un autre métier, sont presque aussi ignorants que leurs élèves et il faudra bien longtemps avant que les petits paysans prennent régulièrement le chemin de l'école !

Il faut attendre 1881 et les grandes lois de Jules Ferry qui instaurent l'enseignement primaire obligatoire, laïc et gratuit pour que la situation change radicalement. Chaque village ou hameau ayant plus de vingt enfants d'âge scolaire doit alors ouvrir une école primaire publique. Des sommes considérables sont consacrées à la création ou à l'entretien des établissements, aux écoles normales qui forment les instituteurs payés par l'Etat et à la cohorte d'inspecteurs qui sillonnent sans relâche leur département. Mais tous ces nouveaux éducateurs ont du pain sur la planche ! A cette époque, les enfants des campagnes sont, comme leurs parents, en grande majorité analphabètes et surtout ne balbutient que quelques mots de français. Le "patois" est leur langue maternelle que l'on parle tous les jours. Enseigner en français, une langue étrangère, est un casse-tête pour nombre d'instituteurs, rappelés souvent à l'ordre par les inspecteurs lorsqu'ils cèdent à la facilité en parlant eux-même patois. Comment s'étonner alors que malgré le nombre élevé d'écoles, il faille attendre longtemps avant que tous les élèves sachent vraiment lire et écrire !

L'autre difficulté, c'est "l'absentéisme" : si les enfants d'artisans, de commerçants du village fréquentent l'école régulièrement, il n'en est pas de même pour les petis paysans. Leur famille a besoin d'eux lorsque les beaux jours reviennent, pour garder le bétail ou donner un coup de main au moment des gros travaux. L'école, de toute façon, ne leur semble pas très utile : les paysans s'en sont passé jusque-là. C'est le développement des communications et du commerce de leurs produits qui les fera changer d'avis. Il sera alors bien commode de savoir lire une lettre, un document administratif ou les nouvelles dans les journaux mais aussi de tenir ses comptes. Mieux, on comprend que "lire, écrire et compter" permet de s'élever dans la société en devenant employé ou fonctionnaire en ville. Alors, envoyer ses enfants à l'école vaut bien tous les sacrifices même si l'instruction, avec le départ des jeunes, "mine chaque jour la vocation paysanne"....

 

 

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