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Publié par Françoise

 

Mes ancêtres sont bas-normands, ceux de ma grand-mère paternelle, Germaine Marie, sont originaires du Calvados et de la Manche, ceux de l'arrière grand-mère paternelle de notre fille, Berthe Geslin, sont de l'Orne.

 

 Mon père nous évoquait ses souvenirs d'enfance, en Normandie  il nous contait avec émotion ses séjours passés chez son arrière-grand-mère à Barbeville, petit village près de Bayeux. Il avait huit ans quand elle est décédée et pourtant j'avais l'impression qu'il avait passé toute sa jeunesse à déguster les galettes de sarrazin de "la mère Adèle", comme il la désignait affectueusement.

 

 

 

blason_normandie.png

L'étymologie du nom de la Normandie provient des "Norhmen", ces "hommes du Nord", les Vikings qui piratèrent à intervalles réguliers la vallée de la Seine à partir de l'an 820 jusqu'à ce que le roi de France, Charles le Simple, fasse d'un des leurs, Rollon, en 911, le premier duc de Normandie.

La future Normandie fut habitée dès l'époque préhistorique et plusieurs vestiges sont encore debout pour en témoigner dont un plusieurs menhirs et dolmens. Puis des Celtes choisirent de s'y installer à leur tour. En 56 av.JC., César soumit toute la Gaule, il s'occupa personnellement des Vénètes, la tribu armoricaine la plus hardie, et laissa un certain Titurius Sabinus conquérir le territoire qui deviendrait un jour la Normandie. Plusieurs tribus se le partageaient dont les Calètes (nord de la Seine), les Véliocasses (sud de Rouen), les Eburovices (Evreux et ses environs), les Léxoniens (Lisieux et ses environs), les Aulerloques (Alençon et ses environs), les Baiocasses (Bayeux et ses environs), les Viducasses (Caen et ses environs), les Unelles (dans le Cotentin).

 

Le général romain parvint à ses fins en laissant croire aux armées gauloises tentant de résister, que ses hommes et lui étaient à bout de résistance. Les gaulois se jetèrent dans ce piège et périrent presque tous. La romanisation commença alors, puis elle fut suivie d'une christianisation intense comme dans toute la France.

Au 3e et 4e siècles eurent lieu des incursions saxonnes par voie maritime.

Les Mérovingiens s'emparèrent de la région qui fut rattachée au royaume de Neustrie occidentale.

 

A partir de 911 à la signature du traité de Saint-Clair-sur-Epte entre le Roi de France et Rollon, le chef des "Normands", une Normandie indépendante exista.

Rollon se convertit au catholicisme et engagea ses hommes à se sédentariser.

Considérer l'arbre généalogique des descendants de Rollon, ce "pirate du nord", offre quelques surprises, puisqu'on y trouve, outre la famille royale anglaise actuelle, saint Louis et toute sa race et aussi mes ancêtres par son épouse Popa de Bayeux.

 

La-Normandie-aux-X-et-XIe-siecles.pngLe duché de Normandie devint rapidement un état au pouvoir très centralisé, aidé en cela par un clergé efficace et de plus en plus hégémoniste. Ses propres frontières avec la France connurent des fluctuations incessantes et l'on put parler dès le 11e siècle, d'empire normand avec la création de principautés dans le sud de l'Italie. Cela n'empêchait pas la vassalité des ducs de Normandie envers le roi de France.

Rollon fit donc souche et son sixième successeur, Guillaume "le conquérant", fils du duc Robert le Magnifique et d'une jeune fille de Falaise prénommée Arlette, fut désigné par son cousin le roi d'Angleterre et futur saint, Edouard le Confesseur, comme son héritier.

Le roi envoya un messager, Harold, d'origine saxonne, prévenir Guillaume de ses intentions. Edouard mourut en janvier 1066 et Harold, rentré en Angleterre, prit la couronne et devint un éphémère Harold II.

Le Duc de Normandie, fort du testament de son cousin, demanda l'assistance du pape Alexandre II. Le Souverain Pontife excommunia l'usurpateur et envoya la bannière de saint Pierre. Après de nombreux préparatifs, Guillaume franchit la Manche avec une flotte considérable et débarqua le 28 septembre 1066 à Pevensey. Harold et ses soldats vinrent livrer combat et ce fut la bataille d'Hastings. L'affaire tourna au désastre quand les Normands feignirent de battre en retraite pour mieux massacrer les Saxons ensuite. Harold fut tué d'une flèche et Guillaume le Conquérant sacré roi à l'Abbaye de Westminster le jour de Noël 1066.

La "Tapisserie de la Reine Mathilde" femme du nouveau roi d'Angleterre ne la confectionna aucunement mais cette appellation est très romanesque, visible de nos jours à Bayeux, est un témoignage exceptionnel de l'épopée.

 

Le puissant état anglo-normand connut son premier revers grâce au roi de France Philippe II que l'Histoire a surnommé Philippe-Auguste. Celui-ci confisqua tous les fiefs du roi Jean sans Terre en France. En 1204, la Normandie rejoignit le domaine royal ainsi que le Maine, l'Anjou, la Touraine et le Poiteou. Il fallut toutefois attendre le traité de Paris en 1258 pour qu'un autre roi d'Angleterre, Henri III, abandonnât officiellement ses prétentions sur la Normandie. Afin de faciliter l'assimilation de la nouvelle province, Saint Louis codifia le droit coutumier normand avec le "Grand Coutumier", Louis X le Hutin octroya la "Charte aux Normands". La guerre de Cent Ans manqua de rendre à plusieurs reprises la Normandie anglaise et seule la victoire de Charles VII à Formigny en 1450 la rattacha pour toujours à la Couronne. En 1465, Louis XI concède au traité de Conflans le duché de Normandie en exclusivité à son frère Charles de France, alors duc de Berrry. Mais l'extinction de sa lignée mâle permet le retour de l'apanage au domaine royal en 1468, mettant un terme à l'autonomie normande. Cette province eut à connaître par la suite des moments cruciaux des guerres de religion dont les victoires d'Henri IV à Arques, en 1589, et à Ivry en 1890. Une dernière anecdote concernant l'Ancien Régime : le titre "duc de Normandie" fut porté pour la dernière fois par le deuxième fils de Louis XVI, qui deviendrait Louis XVII après l'exécution de son père.

 

Actuellement la Normandie correspond au Calvados (14), à l'Orne (61), à la Seine-Maritime (76), à l'Eure (27), à la Manche (50).

 Carte-de-la-Normandie.jpg

Étonnamment, la création des régions françaises en 1956 n’aboutit pas à la formation d’un territoire reprenant les limites de l’ancien duché de Normandie. L’État préfère composer deux régions : la Basse-Normandie (Calvados, Manche et Orne) et la Haute-Normandie (Seine-Maritime, Eure). Cette partition sanctionne en fait une évolution vieille de plusieurs siècles qui a vu l’ouest et l’est de la province suivre des voies économiques et démographiques différentes. Dominée par Caen, la Basse-Normandie est une région plutôt rurale et tournée vers la France de l’ouest. Avec Rouen pour capitale, la Haute-Normandie offre un visage plus urbain et industriel, surtout autour de la Seine.

 

 

 

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