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Ephéméride

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Publié par Françoise

Situation topographique

   

Marthod est située à cinq kilomètres au nord d'Albertville. Elle a  pour confins les communes d'Ugine, de Marlens, de Cons-Sainte-Colombe, de Seythenex, de Mercury, de Thénésol, de Césarches et de Queige.
Son territoire s'étend à droite et à gauche de l'Arly, autrefois si capricieuse.
Sur la rive gauche se situe le coteau des Ratelières, dominé par la sombre et vaste forêt de Cornillon, que l'on surnommait jadis : jardin à champignons.
Sur la rive droite le coteau du Chef-lieu qui s'élève en amphitéâtre, avec quatre plateaux successifs jusqu'au pied du massif de l'Alpettaz aux vastes alpages, dominé lui-même par la dent de Cons (2064 mètres).
Au centre, la Plaine, trait d'union des deux collines soeurs, avec la route nationale et la voie ferrée, mais aussi avec ses chalets et villas aux façades claires, qui s'essaiment au pied de la montée, en bordure ou au-dessus de l'ancienne route romaine.

  Marthod-dominant-l-Arly.jpg

 

 

 Les villages

 

On en donne les étymologies suivantes :

  • Villard signifie : domaine agricole
  • Bulles signifie : bouleau
  • Les Chavonnes signifie : cabane
  • Les Poses signifie : parcelles cultivées
  • Le Praz, les Pras en patois, signifie : les prés, d'où les Grands Prés
  • Balme signifie : caverne
  • Les Dufougs signifie : fayard
  • La Filatière signifie : filature
  • Les Ratelières : signifie ratelier
  • L'Epigny vient de : Spinerio
  • Duines vient de la famille Duing de Val d'Isère qui y possédait un fief.

marthod-et-ses-hameaux.jpg

Les hameaux des Bois, des Jolys, des Pottons, des Péguets, des Gaudins, ont aussi une appellation d'origine familiale.

Quant à Marthod, autrefois Marthodi, ce nom existait déjà en 1080. Certains chroniqueurs supposent qu'il date de l'occupation burgonde.

 

La population

 
Il y avait à Marthod :

  • En 1701, 1020 habitants.
  • En 1828, 1502 habitants.
  • En 1841, 1303 habitants
  • En 1868, 1087 habitants
  • En 1881,   831 habitants
  • En 1946,   830 habitants
  • En 1953,   799 habitants
  • En 1962,   860 habitants
  • En 1973, 1000 habitants

 

Costumes du pays

 

Il semblerait qu'en Savoie, seules les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne aient possédé un costume traditionnel. On mentionne quelquefois le Val-d'Arly et le Beaufortain.

Après de longues et patientes recherches, le groupe folklorique de Marthod "Les Joyeux de Cornillon" a trouvé des costumes, peut-être moins "spectaculaires" que ceux des vallées citées, mais tout aussi intéressants. Voici la description du costume tel qu'il se portait à Marthod, à Thénésol et à Césarches. Ces trois communes forment avec Allondaz l'extrémité de la vallée de l'Arly. Cependant, sur le plan historique, elles se situent dans la Basse Tarentaise. Marthod est la seule commune à faire partie du canton d'Ugine, et seulement depuis 1973.

Toutes ces paroisses dépendent de l'Evéché de Moûtiers.

Les femmes portaient sur la tête, une coiffe blanche à grandes ailes ; au cou, une collerette appelée gorgière ; sur le corps, une robe de drap du pays, avec une brassière d'estame, un corsage de drap plus fin en couleur, et agrémenté de bandages et de garnitures.

Ce même drap servait aussi à habiller les hommes ; leur costume ne comporte rien de particulier. La chemise  la stemiza en constitue la pièce de base. Elle est taillée dans du chanvre (1) parfois dans du lin pour la chemise habillée. Les manches sont larges et resserrées au poignet. Le col amovible, de toile plus fine, ne se porte guère que pour les cérémonies ou la grand-messe. Ce vêtement, très long, surtout à l'arrière, forme on pantè qui descend plus bas que le genou. On le replie dans le pantalon. A l'avant, une petite patte se fixe au caneçon. Le pantalon, lè culotè, est de drap, filé et tissé au pays (2),

toutefois, ceux-ci, pour aller au marché, revêtaient une blouse bleue et un chapeau noir.

   

Les anciennes familles

  • Avrillier venue d'Outrechaise en 1640
  • Carcey venue d'Allondaz vers 1500
  • Combet venue d'Ugine en 1615
  • Dunand déjà citée en 1020
  • Fontanet venue d'Allondaz avant 1800
  • Guiguet vene d'Hauteluce vers 1400
  • Hémery déjà citée en 1339
  • Hugonnier venue de Montailleur en 1340
  • Hérisson déjà citée en 1390
  • Jacquier venue en Tanninges vers 1600
  • Lombard venue de St-Sigismond vers 1350
  • Michel-Boëx originaire de Hollande, venue avec les seigneurs de Crest-Cherel vers 1300
  • Monvignier venue d'Ugine en 1611
  • Pépin déjà citée en 1300
  • Pignard déjà citée en 1350
  • Poëncin venue d'Ugine vers 1500
  • Prunier déjà citée en 1400
  • Reydet venue des Replens de Thénésol vers 1700

De nombreuses familles se sont éteintes, et d'autres ont eu leur nom d'origine modifié par la pratique des surnoms très en usage à une certaine époque.
En 1896, on prétendait qu'à Paris il existait plus de 300 personnes de tous âges, qui appartenaient à des familles originaires de Marthod.

Mes ancêtres HEMERY-DUFOUR/HEMERY-DUFOUG étaient déjà dans le petit village savoyard de Marthod vers 1339. A cette époque dans une enquête demandée par les seigneurs du lieu, un certain Jean EYMERI était mentionné, il semait du seigle, de l’orge, des raves à la montagne de l’Alpettaz et en tirait du bois, des chevrons, et des mayères  (petits bois).  Son fils, dont on ne connaît pas le prénom, passa une reconnaissance en faveur du seigneur de Bertrandis. De lui sont descendus les Hémery-Dufoug.

 

Les familles seigneuriales

  La Savoie qui appartenait au Duché de Savoie, était aussi partagée en seigneuries. La première de ces seigneuries date des seigneurs de Cornillon, très ancienne, très puissante et aimée des comtes de Savoie ; elle s’allia au cours des siècles, avec les nobles maisons des seigneurs de Beaufort et de Menton entre autres. Vers 1100, elle possédait tous les biens de la vallée de Marthod.
Les seigneurs de Cornillon possédaient un château situé sur la cime et à l’angle supérieur occidental de la forêt du même nom. De ce lieu élevé, ils pouvaient, par des feux signaux, communiquer avec les autres châteaux forts, tous construits sous l’invasion sarrasine.
En 1740, on y voyait encore de hautes murailles et le puits, mais en 1973, tout avait disparu sous la végétation. On devine encore la cuvette de l’étang asséché.
Il y avait plusieurs maisons fortes dont l’une était située derrière l’église actuelle. Pierre de Cornillon en reçut l’investiture le 24 octobre 1392, elle était encore habitée 1729. Les plus belles pierres de cette demeure ont servi ensuite pour la construction de la nouvelle église et du clocher. L’emplacement du puits est  toujours apparent.
En 1425, une deuxième famille seigneuriale, les seigneurs de Beaufort,  possédait d’importants fiefs dans la partie haute de Marthod.
Au bas de l’échelle sociale se trouvaient les paysans (vassaux) qui cultivaient la terre que le seigneur leur avait donnée moyennant des versements en nature et des corvées. Plus les terres étaient étendues et les paysans nombreux à les cultiver, plus le seigneur recevait de redevances et voyait sa richesse et sa puissance augmenter. Un même homme pouvait se trouver vassal de plusieurs seigneurs, mais il devait à un seul d’entre eux, qu’il reconnaissait comme son principal seigneur, l’hommage lige. Il en devient l’homme lige et doit lui rendre tous les services d’un vassal, quitte à négliger ses devoirs vis-à-vis des autres. L’hommage, pour les hommes non nobles, consistait ordinairement dans une taxe qu’ils devaient payer annuellement.
Quiconque s’était reconnu homme lige ou avait été l’objet d’une faveur, devait, rendre hommage les genoux fléchis, les mains jointes entre les mains du seigneur, le chapeau levé, et lui baiser le pouce. Il devait aide au seigneur, en cinq cas :

  • Quand le dit seigneur et les siens faisait une acquisition estimée annuellement à 25 livres fortes ou genevoises
  • Chaque fois que celui-ci passait la mer pour aller en pèlerinage.
  • Qu’il mariait ses filles.
  • Si la maison du dit seigneur ou des siens, brûlait ou venait à brûler
  • S’il advenait que le dit seigneur et les siens fut détenu en prison

Mais par un contrat  d’affranchissement du 20 juin 1518, plusieurs familles, dont un Jean EMERY-DUFOUG, furent réduites à l’hommage lige et franc,  c’est à dire exempt de certaines charges, ils devaient payer pour hommage annuel, une demi poyse* mais ne devait plus rien en cas d’incendie, ni en cas d’acquisition, par contre ce contrat devenait nul en cas de nouvelle chevalerie.

 

Affranchissement des droits féodaux

 

La troisième et dernière famille puissante fut ensuite celle des nobles de Blancheville, qui, soit par mariage, soit par acquisition, finirent par posséder, de 1475 à 1771, tous les biens de Marthod.
En 1770, ce noble Pierre-Louis de Blancheville, marquis de Lescheraine et des Bauges, comte de Cornillon et de Marthod, baron de Montailleur et d’Héry, grand écuyer, possédait à Marthod quinze fiefs, soit 1678 journaux** de terrain et 284 bâtiments.
Son domaine représentait presque toute la paroisse. En dehors il ne restait que cinq petits fiefs appartenant à divers seigneurs.
Ce noble descendant de Guillaume de Blancheville, président du Sénat de Savoie, en 1658, se voyant surchargé de dettes, proposa aux  communiers ***, leur affranchissement.
Il fut convenu que la Communauté payerait 26 496 livres, jusqu’à extinction du capital et des rentes.
A partir du 5 mai 1775, on fit la répartition des sommes dues et des frais. Les terres déjà mensurées en 1606 et 1728, le furent une nouvelle fois en 1835, puis en 1875.

 

 

Prêtres originaires de Marthod

 

La paroisse de Marthod, depuis le 15ème siècle, a donné à l’église, pour remplir les fonctions sacerdotales, au moins quarante sept prêtres ; cela correspond à douze prêtres par siècle en moyenne ou un tous les huit ans et demi. Parmi eux :

  • Hémery François habitant à Saint-Maurice
  • Hémery Jean, clerc, qui alla à Rome et à Notre Dame de Lorette, vers 1600.

 

Les Syndics et les maires

 

Le syndic est l’ancêtre du maire.
Depuis qu’Amédée VIII, antipape, comte de Savoie, eut accordé en 1391 aux Communes (associations de bourgeois), le droit d’élire leur syndic et leurs conseillers de commune, par un suffrage restreint réservé aux notables, ceux-ci se succédèrent.
La place était peu convoitée car il faillait collecter l’impôt et effectuer les versements à Chambéry. Il fallait recevoir les huissiers, loger, nourrir et payer les soldats par l’habitant.
Le premier de la famille à être nommé fut en 1454 Antoine EYMERI, puis vinrent Guillaume HEMERY-DUFOUG en 1662, François en 1665, Jean et Jacques en 1668, Jean en 1891, Jean Pierre en 1702, Jean-Baptiste en 1708, Pierre en 1711, Jean-Baptiste en 1714, Claude-François en 1730, François en 1748, Jean en 1777. En 1792, l’armée française étant entrée en Savoie, la Commune de Marthod reçut l’ordre de nommer un député pour former avec d’autres communes l’Assemblée des Allobroges. Marthod fit dès lors partie du département du Mont-Blanc, de l’arrondissement de Faverges, et du canton d’Ugine.
Le 5 juin 1815, le statu quo fut rétabli, et la Commune fut intégrée au canton de l’Hôpital, l’Epta en patois ; devenu en 1835, Albertville par la volonté du Duc Charles Albert, mettant fin à la rivalité des deux cités voisines :  L’Hôpital et Conflans.
Après 1860, la Commune fut soumise au régime français, et administrée par un maire, assisté de conseillers municipaux. Le premier de la famille fut Edmond HEMERY de 1953 à 1968.

 

 

Fléaux divers

 

Les inondations, le gel, la grêle, les incendies, la peste, la rage, etc... furent l'apanage de bien des générations. Ne citons que les faits les plus marquants.

La peste fit son apparition à plusieurs reprises ;  d'abord en 1348, puis en 1526 et en 1630 par suite de l'invasion de la Savoie par Louis XIII.
Le curé mourut dans son église. L'histoire ne donne pas le nombre des décès ; on ne sépulturait plus les morts au cimetière, mais un peu partout au bord des chemins.

En 1918, une épidémie un peu semblable appelée "grippe espagnole" fit aussi de nombreux ravages.

Les inondations furent fréquentes dans la Plaine. En 1733, l'Arly emporta plusieurs maisons et le foulon à drap.
En 1740, on note que la rivière et les torrents furent très longtemps infranchissables. Le Gouvernement ordonna la construction d'une digue avec des plateaux de chêne que devaient fournir les habitants. Celle-ci, assez frêle, fut arrachée et la digue actuelle date de 1823.

Les hivers rigoureux furent nombreux, mais celui de 1739-40 commença le 15 octobre et ne prit fin qu'au 15 mai. Ce fut la disette du fourrage, certains donnèrent aux bestiaux le chaume des toits et la paille des lits. En mai 1740, à la chapelle Boëx, la procession se fit sous la neige ; les fidèles avançaient en file indienne. D'après le chroniqueur François Carcey, ce fut l'hiver le plus terrible qui fut enregistré et l'année où les loups firent le plus de ravages.

Plus près de nous, notons l'hiver 1923-24 avec d'abondantes chutes de neige qui bloquèrent les trains et provoquèrent des effondrements de toitures.

Février 1929 qui fit enregistrer au thermomètre juqu'à -29°.

Février 1956 qui vit sévir une autre vague de froid pendant tous le mois de 20° au-dessous de zéro.

Les incendies furent autrefois d'autant plus fréquents que les toitures étaient en chaume. Celui qui ravagea en une nuit de décembre 1923 l'important hameau du Villard groupant une vingtaine de maisons fut sans précédent.



Le premier acte de baptême date du 01/11/1630, c'est celui de Aymé Carsey fils de Claude et Antoinette

Le premier mariage date du 07/01/1631 et c'est celui de Claude Delacroix l'aîné

avec Janne De Montvignier

(1) Chaque famille réserve un coin de jardin ou de champs pour faire une "steneviéra", convenablement fumé et labouré, le terrain est ensemencé en chanvre. Après la récolte et le rouissage, celui-ci sera "bloyé" (teillé) au cours de veillées qui ont lieu à l'automne. La filasse sera brisée puis filée au rouet. Les échevaux de fils sont ensuite portés chez le tisserand du village. La toile la plus grossière sert à confectionner des sacs et des "drapé" carrés munis d'attaches pour le transport de l'herbe, du foin, de la litière... La toile plus fine est réservée pour les vêtements et les draps. Avec la filasse grossière, on fait des cordes.

 (2) Chaque famille de la commune possède une dizaine de brebis. Celles qui n'en n'ont pas, prennent à l'hivernedes brebis de Termignon, dont elles retirent la laine, et les agneaux en paiement de la nourriture. (Voir Monde Alpin et Rhodanien n°1 - 1985). Une partie de la laine est filée au rouet ''(le brog)'' pour être tricotée. Le reste est porté à la filature où il sera échangé contre du drap. Cette pratique était encore en usage en 1985, particulièrement avec la filature Arpin de Zeez, présente à toutes les foires d'Albertville.

 


 Sources :

Monographie de Marthod par l'Abbé J. Poncet

Se vêtir et paraître à Marthod par Claude Fontanet

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