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Publié par Françoise

Plan du village

Plan du village

C’est l’automne 

L’automne est là sur mon village 

Il pleut parfois sur ma maison 

Le rouet trame un fin lainage 

A la veillée près du tison. 

Refrain :  

Chez nous on chante, on danse en toute saison 

Et quand on danse, qu’importe les saisons. 

 

 

La rentrée des classes 

      L’enfant est admis à six ans avec son patois, en gros bas de laine, tablier et galoches.

     Culottes courtes et cheveux ras pour les garçons ; jupes longues et cheveux tressés pour les filles.

     Le cartable est en bois, fabriqué par le père. Les grandes vacances, du 1er août au 1er octobre sont terminées. Tout le monde est là, sauf les petits bergers qui ne seront scolarisés qu’après la Toussaint. 

     Chaque année, le Conseil municipal demande avec insistance à  l’Académie de retarder les vacances d’un mois. Il ne fut jamais entendu. 

     Par équipes, les grands élèves assurent à tour de rôle l’entretien des classes : le balayage des locaux, de la cour, des cabinets, l’époussetage et l’allumage des feux en hiver. Depuis 1905, l’écolier n’est plus obligé d’apporter sa bûche journalière pour chauffer son école. C’est la Commune qui fournit le bois et le fait scier, tandis que les élèves le rangent et l’empilent au bûcher.

      Les maîtres sont encore des personnalités écoutées et respectées. 

     Aux tout-petits il faut apprendre le français en même temps que l’alphabet, avec peu de manuels scolaires. 

     Les plus grands, les plus assidus, les plus doués, sont préparés pour le certificat d’études primaires ; un diplôme convoité qui servira dans la vie professionnelle. 

     Au tableau mensuel, sont notés de 0 à 10 : l’exactitude, la conduite, l’instruction moral et civique, la lecture, l’écriture, la langue française, le calcul, le système métrique, l’histoire de France, la géographie, le dessin, le chant, la gymnastique, la couture (pour les filles), l’agriculture (pour les garçons). 

     Les tables d’addition et de multiplication sont apprises par cœur  ainsi que les préfectures et sous-préfectures des départements. 

     Des exercices d’écriture à la plume apprennent à former les pleins et les déliés. 

     Comme nos voisin suisses, on dit encore : septante, huitante et nonante. 

     Chaque année chez les grands, le problème ci-après, clôture la fin de la scolarité : « Calculez le kilométrage que vous avez personnellement totalisé au cours de vos sept années d’école, sur la base de neuf mois et demi de présence annuelle ». 

     Pour les plus éloignés, ceux du Villard, du Mérut, des Replens, du Réraz, les 12 000 kilomètres sont largement dépassés. 

     C’est un équivalent de 20 fois le trajet de Marthod à Paris, l’élève qui remporte la palme, croit utile d’ajouter qu’il n’a pas pris en compte les déplacements du jeudi pour le cathéchisme et du dimanche pour la messe et les vêpres. 

     La maîtresse des filles n’admet pas en composition française les phrases répétitives mal construites. Elle a un procédé efficace pour y parvenir. La moitié du tableau noir est occupé par la tirade suivante : 

     Un pisseur pissait devant la porte du tapissier qui tapissait ; le tapissier qui tapissait dit au pisseur qui pissait : j’interdis au pisseur de pisser près du tapissier qui tapisse...! 

     L’élève qui se répète doit copier 20 fois le texte et l’apprendre par cœur. 

     Les devoirs du soir et les punitions faits à la lueur de la lampe à pétrole, parfois du « crëju », et les jeux qui existent alors : corde à sauter, cerceau, saut de mouton, billes, palets ont marqué une époque. 

     Le 14 juillet, les lauréats du certificat d’études reçoivent un livret de caisse d’épargne de trois francs offert par la Mairie.

     Avec ou sans diplôme, les enfants quittent l’école à 13 ans, Quelques rares privilégiés, de familles aisées, fréquenteront pendant l’hiver le Collège Supérieur libre de Moûtiers. Les autres vont s’intégrer à la ferme familiale. 

     Ceux de parents modestes vont placer « maître » comme garçons ou filles de ferme en échange du gîte et de la nourriture. 

    D’autres déjà sont dirigés vers l’usine qui les embauche facilement. Ils deviennent commissionnaires mais le plus souvent ils doivent s’intégrer aux équipes de production au salaire de 15 sous l’heure. 

     Ils voyagent en galoches, pantalon court, musette en bandoulière et pour s’affranchir de leur timidité,, se coiffent parfois de la casquette d’un grand frère qui, trop ample, leur rabat les oreilles.

 

 

 

Sources : Marthod mon village en 1900, ses coutumes... ses traditions... par Edmond Hémery, 1987

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