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Publié par Françoise

 

Marthod a ses "gourres", comme Héry à son "farçon" et la Tarentaise ses "crozets".

     C’est une grand-mère du village, qui donne sa recette :
     "J’ai fait cuire des pommes de terre en robe des champs, je les épluche, je les écrase sur la planche à « farçon ». Je prépare une friture copieuse avec lardons et oignons émincés, et je la verse sur mes pommes de terre. J’ajoute de la farine et des œufs ; le blanc pour lier et le jaune pour le safrané. Un peu de gruyère râpé, du sel, du poivre. Je malaxe le tout et je confectionne mes « gourres » en forme de grosses quenelles, puis je les roule dans la farine. Par ailleurs j’ai préparé un bon bouillon aux poireaux, avec saucisses et côtes de porc. Je les plonge par dizaines dans ce bouillon chaud et je guette le moment de les retirer lorsqu’elles sont cuites, elles remontent en surface. Je les sers chaudes avec du petit salé. S’il en reste, je les partage en deux et le lendemain je les fais dorer à la poêle avec un peu de beurre. C’est un régal. Quand j’ai le temps et que j’en roule une centaine, le menu est assuré pour deux jours".
Quand nous lui demandons s’il est vrai que certaines dames la roulent sur la cuisse, elle proteste : "ça c’est une boutade. Quand on veut chez nous se moquer d’une fille malingre on lui dit : ce n’est pas sur ta cuisse que je roulerai mes « gourres ».

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Sources : Marthod mon village en 1900, ses coutumes... ses traditions... par Edmond Hémery, 1987

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