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Publié par Françoise

 

 

Les crêpes de la chandeleur font toujours la joie des enfants. Dans mon enfance maman les faisait sauter au moment du dessert le soir dans sa poêle sur le fourneau. La pâte était toujours parfumée au rhum. Elle y passait beaucoup de temps, mais quel plaisir de les déguster, toujours au sucre, roulées et non pliées comme on les présente maintenant.        

La fête de la Chandeleur (autrefois la chandeleuse) vient de l’expression latine « festa candelarum » qui signifie « fête des chandelles », en effet la bénédiction des cierges se déroulait ce jour là.

 

La Chandeleur est la dernière des fêtes de Noël, d’ailleurs en Provence, la crèche est traditionnellement retirée à la Chandeleur, elle marque l'ouverture de la période de carnaval. C'est aussi un signe de renaissance, de promesse d'avenir.

 

La Chandeleur trouve son origine dans les traditions païennes et dans les religions juives et chrétiennes.

 

 

Les origines païennes

 

             L’une des origines remonte aux Parentalia romaines qui était une fête annuelle en l’honneur des morts, au cours de laquelle les romains veillaient à l’aide de cierges et de torches, en honorant Pluton et les dieux.

On relie aussi la Chandeleur au dieu Pan. Durant une nuit, les romains adorateurs du dieu Pan parcouraient les rues de Rome en portant des flambeaux.

Les origines celtes

          La Chandeleur, c'est aussi une croyance née d'une symbolique d'origine celte. La crêpe symbolise la roue solaire et le don aux divinités sans lequel le blé serait altéré.
On dit d’ailleurs :
Si point ne veut de blé charbonneux
Mange des crêpes à la Chandeleur

 

            Dans la religion catholique, la Chandeleur est le jour de la présentation de Jésus au temple 40 jours après Noël, jour de sa naissance. Cette christianisation de la Chandeleur remonterait pour certains à un 2 février 472 après Jésus-Christ où le pape Gélase Ier organise des processions aux chandelles qui symbolisent « Jésus lumière d’Israël », les cierges étant bénis ce jour là en signe de purification. Les pèlerins atteignent Rome si fatigués que, pour les réconforter, ce pape leur fit cuire d'immenses galettes faites de farine et d'œufs. La crêpe est censée conjurer la misère. 
Ces processions avaient lieu dans les champs et les vignobles, surtout au Moyen-Age, mais aussi de l’église à la demeure, il fallait veiller à bien protéger la flamme, car si elle s’éteignait, on était certain de mourir dans l’année… 

Un dicton de Franche-Comté dit :

Celui qui la rapporte chez lui allumée
Pour sûr ne mourra pas dans l’année


Les cierges sont conservés dans l'armoire familiale. Quand un habitant de la maison tombe gravement malade et qu'il est à l'agonie, le cierge de la Chandeleur est disposé au pied du lit du mourant. On prête à la chandelle le pouvoir d'abréger les souffrances, et lorsqu’elle était allumée pendant un orage, de chasser la foudre, et plus généralement tenir éloignés les mauvais esprits, les démons, les intempéries.   

Ce cierge béni est censé avoir d’autres pouvoirs. On dit que quelques gouttes de sa cire versée sur des œufs à couver en assurent une bonne éclosion.

Entre temps, une autre tradition a vu le jour : celle des crêpes.  D’ailleurs, en faisant les crêpes, il faut respecter une autre coutume, celle de la pièce d’or. En effet, les paysans faisaient sauter la première crêpe avec la main droite tout en tenant une pièce d’or dans la main gauche. Ensuite, la pièce d’or était enroulée dans la crêpe avant d’être portée en procession par toute la famille jusque dans la chambre où on la déposait en haut de l’armoire jusqu’à l’année suivante. On récupérait alors les débris de la crêpe de l’an passé pour donner la pièce d’or au premier pauvre venu.
Si tous ces rites étaient respectés, la famille était assurée d’avoir de l’argent toute l’année.
  

Celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber à terre ou qui ne la rattrape pas sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur jusqu'à la Chandeleur prochaine.

Aujourd’hui, les processions aux chandelles et autres rites n’existent plus mais on a conservé la tradition des crêpes.

La tradition en Normandie veut que les paysans se rendent auprès de leur seigneur avec une timbale contenant une dîme de cinq sous d'argent et une crêpe. L'un d'eux, désigné par le sort, doit faire sauter la crêpe. Sil elle se retourne bien, il peut déduire un sou de sa dîme.

           Dans le Berry les crêpes sont remplacées par des beignets aux pommes.

           Ici, dans l’Yonne, ce sont les Roubigneaux qui sont des beignets composés de farine délayée dans du lait et frits dans la poêle, à l’huile et au beurre.

  

Comptes et comptines

 

C'est demain la chandeleur,
Demain nous mangerons des crêpes.
Des crêpes rondes, des crêpes blondes,

Des crêpes qui s'envolent,

Comme à pigeon vole.
Des jolies crêpes dorées
Qui pourraient bien nous sauter
Sur le nez !




Le Perce-Neige

Violette de la Chandeleur
Perce, perce, perce-neige,
Annonces-tu la Chandeleur,
Le soleil et son cortège
De chansons de fruits de fleurs ?
 Perce perce, perce-neige
A la Chandeleur.

Robert Desnos

 

 
 

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